Si les technologies d’authentification de documents se sont quelque peu raffinées ces dernières années avec la signature électronique, les principes généraux sont restés étonnamment similaires à ce qui se faisait déjà il y a quelques siècles.

Oyez l’histoire de la signature électronique, version Renaissance.

Il était une fois en Toscane…

Nous sommes en mars 1517, à Florence. Le moine Luca Pacioli sent qu’il arrive au terme de son existence. Il souhaite léguer à sa nièce une copie dédicacée de son ouvrage De Viribus Quantitatis.

Il rédige donc un testament, auquel il faut mettre les formes pour que ce legs soit incontestable (opposable aux tiers, notamment à l’administration). Il fait appel à un orfèvre pour qu’il lui fabrique son sceau personnel (son certificat électronique).

On ne confie pas tel ouvrage au premier boutiquaire venu. Luca se rend donc Piazza della Signoria, dans le plus prestigieux établissement d’orfèvrerie de Florence. C’est un tiers de confiance (l’autorité de certification) auquel même les de Medicis font appel.

Graver un sceau est une affaire sérieuse : l’orfèvre s’assure de l’identité de Luca auprès de son monastère avant de se mettre à l’ouvrage. Le sceau est la pièce d’identité la plus fiable qui puisse être établie (identité électronique), qui peut même servir à authentifier les actes des guildes ou des monastères (certificat de personne morale).

Un document scellé à la cire

Luca replie son testament et fait couler de la cire sur les deux rabats de papier avant d’y apposer son sceau. Voilà le document scellé, ou cacheté, c’est la même chose (apposition d’une signature électronique, ou d’un cachet serveur pour les personnes morales).

Il est désormais impossible de modifier le document sans en briser le cachet (protection de l’intégrité du document). On peut vérifier l’authenticité du document en regardant le cachet en cire, à condition qu’on l’ait déjà vu (ajout d’un certificat à sa liste d’identités approuvées), ou en demandant au détenteur du sceau de nous démontrer que sa bague s’emboîte parfaitement dans le cachet (la clé cryptographique publique du certificat électronique valide le document scellé).

Si jamais le sceau de Luca n’est pas disponible lors de la succession, un maitre ès sigillographie mandaté par l’orfèvre saura le reconnaître (validation automatique des signatures des documents PDF grâce à l’Adobe Approved Trust List).

L’héritage de la nièce est désormais incontestable, surtout si Luca a déposé son testament chez un notaire (archivage à valeur probante, mais c’est une autre histoire).

Vous voici au fait des similitudes, découvrez maintenant les différences entre la signature électronique et son ancêtre.