L’histoire du portail Lucca

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Pourquoi n’ai-je pas eu l’idée du Portail Lucca plus tôt ? Je l’ignore. En tout cas, Marie-Christine Moulinet, la directrice marketing d’e-Paye, l’a eue pour moi.

e-Paye, c’est historiquement le premier distributeur de notre logiciel de gestion des congés et absences Figgo. Claude Portmann, le DG d’e-Paye, a tout de suite cru en Figgo. Il l’a ajouté à son catalogue pour proposer une gestion des congés en ligne, a coté de son produit phare qui est la paye en ligne.

Ce jour-là, nous sommes en mai 2008, Marie-Christine Moulinet et Claude Portman me décrivent trois besoins qu’ils aimeraient voir couverts par Figgo : permettre au salarié de mettre à jour sa fiche personnelle (nombre d’enfant, RIB, adresse, etc.), lui donner accès en ligne à ses fiches de paye en format pdf, et générer des attestations diverses (certificat de travail, attestation de salaires, etc.).

Je ne veux pas mettre ces fonctionnalités dans Figgo, ce serait complexifier ce logiciel qui se vend bien justement parce qu’il est simple – less is more.

Je pense alors à Netvibes, ce portail grand public qui défraye alors la chronique grace à son interface bien pensée et bien réalisée à base de « widgets ». Pourquoi ne pas développer un Netvibes pour entreprise, chacune des fonctionnalités demandées par e-Paye faisant alors l’objet d’un widget spécifique ?

L’idée m’attire d’autant plus que nous avons déjà une certaine expertise dans le développement d’un portail web. En effet, Nicolas Faugout, ingénieur des Mines de Douai qui nous a rejoint en décembre 2004, anime une formation Lucca dont le thème est précisément le développement d’un Portail « à la Netvibes » (c’est à dire en Ajax, pour les initiés).

Quelques mois plus tard, la première version de Portaii est commercialisée. Le spectre fonctionnel est encore relativement pauvre : un widget qui fonctionne selon le principe d’un blog pour gérer les news internes, un widget fiches de paie dématérialisées, et un widget trombinoscope.

Emmanuel Champetier de Ribes, le directeur financier de TravelHorizon, société en très forte croissance dans le domaine du tourisme, est le premier à nous faire confiance. Il insiste pour qu’on y ajoute à Portaii une fonctionnalité d’accès à son annuaire interne et à son application de gestion des notes de frais.

Je me rends compte que Portaii a un potentiel considérable. Les premiers retours de TravelHorizon me montrent en effet dans quel sens il doit évoluer : avec la multiplication des applications en ligne du type Salesforce, Google Apps, Success Factors, apparait dans les entreprises un besoin croissant d’une « place » pour regrouper ces applications. Portaii doit donc intégrer non seulement les applications Lucca, mais également les applications des éditeurs tiers.

L’expérience Facebook m’inspire aussi, non pas par son côté « social software », mais plutôt par sa plateforme de développement d’applications. L’API Facebook permet de connaître les « amis » d’un utilisateur donné, et bien d’autres éléments le concernant. C’est cela qui justifie l’apparition des applications Facebook en si grand nombre.

Je me mets à rêver. Si la plateforme de Portaii exposait, par l’intermédiaire d’une API, le manager d’un utilisateur donné, son service, les membres de son service, son mail, son titre, sa photo, etc., ce seraient des informations très utiles pour développer des applications multi-utilisateurs au sein de Portaii.

Je prends conscience que si Lucca est capable de mettre sur le marché un portail qui propose à la fois des applications clés en main adaptées aux besoins concrets de gestion des PME, la possibilité d’intégrer les applications phares du marché, et qui enfin offre une plateforme de développement d’applications multi-utilisateurs conceptuellement cohérente, le potentiel de croissance d’un tel produit sera considérable.

Je prends aussi conscience qu’il y a un sacré chantier avant d’y arriver.

Mais j’ai bien envie de m’y attaquer. Cela fait un beau BHAG pour Lucca.

Gilles - PDG
Diplômé de l’ESCP et expert-comptable mémorialiste, Gilles Satgé passe les 10 premières années de sa carrière chez Arthur Andersen. De 1997 à 2001, il assume des responsabilités de direction chez Lexiquest, Sterling Software puis Webnet. Avec Frédéric Pot, il fonde Lucca en mars 2002. Il s’occupe plus particulièrement de la conception des logiciels.

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