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L’heure H épisode #5 : “Je vais et je viens…”

“...Entre terrains”

Archive de mars 2023

Et si on avait fait tout un pataquès de la “Grande Démission” pour rien ? Et si ce n’était qu’un signe annonciateur d’un non-événement ?  Serait-ce un phénomène en deux étapes qui précède un “Grand Retour” ? Est-ce bien pertinent de poser autant de questions à la suite ?

Ce mois-ci l’actualité RH est placée sous le signe des “va et vient” : si les collaborateurs partent en terres inconnues, c’est peut-être pour mieux revenir en terrain connu. Encore faut-il savoir les laisser partir, savoir les ré-accueillir et choyer ceux qui restent.

“Si tu reviens, j’annule tout”

Plus besoin de faire appel à un marabout pour le retour de l’être aimé, les entreprises n’ont qu’à patienter pour que les collaborateurs démissionnaires reviennent tout seul. C’est ce que Les Echos Entrepreneurs appelle les “Salariés Boomerang”. Selon l’article, la crise du COVID a créé des envies de nouveauté chez les collaborateurs. Certains ont découvert à leurs dépends que l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs, qu’il s’agisse de la culture d’entreprise, du périmètre des missions ou des collègues. Parfois, ce retour est aussi motivé par la perspective d’une promotion chez l’ancien employeur. Promotion elle-même motivée par l’expérience acquise chez le concurrent. Malin. 

D’après les données analysées par LinkedIn, les secteurs de la finance et des services aux collectivités sont les plus concernés avec respectivement 5,07 % et 4,13 % (très précisément) de salariés boomerang (re)recrutés en 2022.

Ciao l’artiste

Pour que la magie des “salariés boomerang” opère, vous avez tout intérêt à soigner leur départ. Histoire qu’ils aient envie de revenir un jour. C’est tout le sujet de ce billet publié sur le site Harvard Business Review intitulé “Offboarding : comment ne pas passer à côté du départ d’un salarié ? » Si vous avez bien léché votre programme d’onboarding, il serait judicieux d’entamer une démarche similaire avec l’offboarding.

D’après l’article, rester en bons termes avec un salarié qui souhaite partir laisserait un petit goût de “reviens-y” en plus d’avoir un impact positif sur la réputation de l’entreprise. Ce qui est assez précieux dans un contexte de pénurie des talents. Certaines entreprises vont même jusqu’à créer des programmes d’Alumnis pour tous les anciens collaborateurs, à l’instar de Danone avec “Afterdan”. Mais comme tout le monde n’a pas les moyens du champion des produits laitiers, vous pouvez aussi simplement les inviter à vos événements internes de temps en temps. Ça fonctionne très bien aussi. 

Pas très “corpo” tout ça

Ce sujet sur l’offboarding a peut-être créé une dissonance cognitives chez les RH : est-ce bien raisonnable de préparer un programme d’offboarding quand on leur demande d’améliorer l’engagement des collaborateurs ? Ce n’est pas si incompatible d’après cette tribune parue dans l’Opinion qui évoque “le mirage du sur-engagement”

A l’heure où les outils de mesure de l’engagement prolifèrent, Karem Tabrizi s’interroge : est-il souhaitable que tous les collaborateurs soient engagés ? D’après lui, non. En plus de poursuivre un idéal inatteignable d’un engagement de 100%, un tel sur-engagement pourrait créer pêle-mêle : une hausse des burn out, l’impression d’un manque de reconnaissance ou de valorisation et complexification de la gestion des ego.

Choyer ceux qui restent

Mais ces allées et venues des collaborateurs ont aussi un impact sur ceux qui ne bougent pas. La famille des néologismes 2022-2023 du mal-être au travail a l’honneur de vous présenter son petit dernier : le “Ressenteism”. Ce terme désigne les collaborateurs qui sont un peu dégoûtés de devoir rester en poste par nécessité dans un job qu’ils n’aiment pas, alors que leurs collègues partent vers de meilleurs horizons. 

Peut-être une bonne occasion de récompenser la fidélité de ces collaborateurs en leur offrant un poste désormais vacant ? Oui mais non, selon une enquête de Gartner parue en 2022, les collaborateurs ne postulent pas aux candidatures en interne. Bien tenté mais il va falloir trouver autre chose pour les valoriser.

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