Un magazine Lucca

Pour s’emparer des enjeux RH de demain… mais aujourd’hui

L’heure H épisode #15 : On l’a vraiment pas vu venir

Enfin un peu quand même

Archive février 2024

C’est le fléau des débuts d’année, chacun y va de son petit commentaire pour prédire les tendances de l’année à venir. Des prédictions généralement aussi inspirées que les portes ouvertes qu’elles essaient d’enfoncer. Et puis, sans crier gare, des tendances réellement inattendues émergent parmi le marasme de lieux-communs.

Ce mois-ci l’actualité RH oscillait entre des prédictions prévisibles et des tendances inattendues.

Alors, quoi de (pas) neuf pour 2024 ?

Si vous avez suivi les tendances RH (même de loin) du dernier trimestre 2023, vous ne serez pas trop surpris des prévisions de Forbes ou Courrier Cadres pour 2024 : 

  • L’essor de l’IA dans les métiers RH (oui, encore).
  • Le développement des compétences chez les collaborateurs. La guerre des talents ne se joue plus sur l’acquisition mais sur la rétention.
  • L’importance de l’expérience collaborateur
  • Une tension sur les salaires (7 candidats sur 10 considèrent qu’un salaire trop faible est la principale raison de rejeter une offre d’emploi).
  • Le retour au bureau qui signe la fin de l’histoire d’amour entre les entreprises et le télétravail (on en parle juste après).

 

Pour ce qui est des vraies nouveautés en matière d’enjeux RH pour 2024, c’est du côté de Lattice qu’il faut chercher avec leur dernière étude baptisée «State of People Strategy : connecting HR to business Impact». Elle donne la recette secrète des équipes RH qui performent (c’est-à-dire qui atteignent ou dépassent leurs objectifs) : 82% d’entre elles ont aligné leurs missions avec les enjeux business de l’entreprise et 67% d’entre elles reçoivent un soutien indéfectible des C-Levels.

RIP le télétravail : 2020 - 2024

Dans son édition novembre 2023 – janvier 2024, la revue Management consacre un dossier spécial au télétravail, ou plutôt à son déclin.

Où l’on apprend notamment que la France n’a jamais été très adepte du télétravail, même à l’ère post-confinement quand tout le monde trouvait ça cool et pratique. D’après une étude Ifo Institut et EconPol de juillet 2023, les français prenaient 0.6 jours par semaine en moyenne. Autre signe du déclin, la baisse fulgurante du nombre de jobs en full-remote : 71% en 2022 contre 27% fin 2023.

Mais ce qui sonne réellement le glas du télétravail… C’est le ressenti patronal. Pour 73% des employeurs, d’après le Forum Mondial de l’OCDE, le télétravail contribue à une dilution du sentiment d’appartenance et à l’effritement de la culture d’entreprise. 60% des patrons pensent même que cela nuit à l’intelligence collective ainsi qu’à l’innovation et que cela accentuerait les inégalités entre les «cols bleus» qui doivent être présents, et les «cols blancs» dont la présence physique n’est pas indispensable.

Côté productivité, le 100% télétravail entraînerait une baisse de 18% de la productivité chez les collaborateurs. L’OCDE préconise donc un maximum de 2 à 3 jours par semaine, à l’instar de McKinsey qui recommande un très audacieux 50-50 pour ne pas impacter la productivité

Scoop : la Gen Z n’a pas de problème avec le travail

Dans un sondage poussé sur ses propres réseaux sociaux (Instagram, LinkedIn et X), BFM TV pose la question : «La Gen Z a-t-elle un problème avec le travail ?» La réponse est sans appel : oui. Et dans les commentaires, les visions s’affrontent. Un directeur d’agence bancaire y va de son «les jeunes ont perdu le sens de l’effort», d’autres modèrent plus leur propos et parlent de jeunes qui veulent travailler mais qui «ne sont plus les mêmes», quand d’autres s’insurgent et font le parallèle avec l’Antiquité où «les philosophes théorisaient sur la nouvelle génération jugée moins bonne que la précédente». 

Qu’en est-il réellement ? Une rapide enquête (comprenez «requête Google») sur une génération antérieure suffit pour avoir une ébauche de réponse. Nous avons fait le test avec la Génération Y (celle de l’auteur de ces lignes).

Manifestement, la Gen Z n’a pas de problème avec le travail. C’est le monde du travail qui a un problème avec la Gen Z. Et plus précisément avec les «jeunes» d’une manière générale.

Le travail, c’est pas la santé

Parmi les chantiers 2024 qui occuperont une partie des fonctions RH : la santé mentale des collaborateurs. Pour adresser cet enjeu, l’Association Nationale des DRH organisait une semaine dédiée à la charge mentale du 29 janvier au 2 février 2024. Depuis la crise COVID, la santé mentale des collaborateurs continue de se dégrader. Le 12ème baromètre du cabinet Empreinte Humaine réalisé par Opinionway sur la santé mentale révélait des chiffres alarmants : 

  • 48 % des salariés sont en détresse dont 17 % avec un taux de détresse psychologique élevée ;
  • 7 salariés sur 10 attribuent leur détresse psychologique au moins partiellement au travail ;
  • 33 % sont en burn-out dont 12 % en burn-out sévère 
  • 2.400.000  de personnes sont en risque de burn-out sévère ;
  • 25 % des salariés constatent qu’il y a plus de tentatives de suicide ou de suicide dans leur organisation/entreprise.


C’était pas la grande tendance RH de 2022 et 2023 la QVCT pourtant ?

RH : les meilleurs des pires employés

Tim Lee est un scientifique de formation, docteur en écologie et en évolution et depuis peu comédien. Et il a une théorie intéressante : plus un employé ment, plus il devient faux de le considérer comme un bon employé. Mais cela fait de lui un bon manager. Mais si le manager ment trop… et ainsi de suite. On vous laisse découvrir qui est en bout de chaîne.

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