Tant pis...
Archive de novembre 2022
Le mois dernier, l’actualité RH était rythmée par une grande vague de disparition. Nous souhaitons leur rendre hommage avec ces quelques lignes (à lire sur un fond de musique classique mélancolique, comme aux Césars).
Au revoir l’abandon de poste
Fini le truandage en cas de refus de rupture conventionnelle, l’abandon de poste équivaut désormais à une démission. C’est l’objet d’un amendement déposé dans le cadre de la nouvelle réforme de l’Assurance Chômage, adopté en première lecture par l’Assemblée Nationale ce mercredi 5 octobre. Pour être précis, le texte permet aux entreprises de recourir à la très prosaïque “présomption de démission” en cas d’abandon de poste. En contrepartie, le texte prévoit également la “présomption de recrutement” pour les candidats n’ayant reçu aucune nouvelle suite à un entretien d’embauche : l’entreprise commencera automatiquement à leur verser un salaire. Non c’est faux, la présomption de recrutement n’existe pas. Mais le reste est vrai.
Bye bye les RTT
La nouvelle ne vous aura probablement pas échappée, le rachat des RTT est désormais possible pour tous les salariés bénéficiant d’un contrat au forfait. Jusqu’à présent la démarche était exclusivement réservée aux petits veinards au forfait jour. Les salariés au forfait heures vont enfin avoir le privilège de troquer leur temps libre contre de l’argent. Exactement comme… toutes… les personnes qui… travaillent.
Ciao les collaborateurs
Vous avez sûrement entendu parler du phénomène de “Grande Démission” : depuis la crise du COVID, les français quitteraient massivement leur emploi. Au premier trimestre 2022, le taux de démission atteignait le niveau stratosphérique de… 2,7%. Soit 0,2 points de moins qu’en 2008. Comme l’explique Benoît Serre, DRH de L’oréal et vice-président de l’ANDRH, ce mouvement n’a rien d’une “Grande Démission” mais plutôt d’une “Grande Mobilité” puisque les démissionnaires retournent très vite à l’emploi, mais ailleurs.
En parallèle, une autre tendance pointe le bout de son nez : le “Quiet Quitting”. Contrairement à ce que laisse penser le nom, il ne s’agit pas de salariés qui filent en douce ou s’évaporent du jour au lendemain, ce sont des salariés qui font leur travail… mais pas plus. Impulsé par ces feignants de la GenZ et popularisé sur TikTok, le “Quiet Quitting” consiste à refuser de faire tout ce qui sort du contrat de travail, sans rémunération supplémentaire : heures sup’, travail à la maison ou aider un collègue etc. Inquiètes, les entreprises y verraient un signe de démotivation qui mènerait progressivement à une démission. Fut un temps on appelait ça “Faire son jobing” mais qui sommes-nous pour juger ?
Adieu l’excellence…
… Mais bonjour le canard ! Dans un article blog sobrement intitulé “Le syndrome du canard: comment les organisations en déclin s’habituent à la médiocrité” Philippe Silberzahn nous décrit le cercle vicieux qui précipite la chute des organisations. En très résumé : le déclin de l’entreprise s’installe quand les salariés se désengagent à cause de dysfonctionnements qu’ils n’ont même plus le courage de pointer. Résultat : ils deviennent moins bons et/ou s’en vont. Face à cette situation les directeurs et membres du Codir/Comex se disent : « mais ça c’est des soucis opérationnels, nous on gère la stratégie on n’a pas le temps pour ça. » En gros, la direction se réfugie et plonge dans des discours abstraits et estampillés visionnaires (les fameux canards). Or, il suffirait que les C-levels s’intéressent à l’opérationnel pour comprendre ce qui ne va pas.
Point turfu : à quoi ressembleront les RH de demain ?
Pour l’instant, les Ressources Humaines du futur ressemblent à un jeu vidéo des années 1990.
Le Métavers ouvre de nouvelles perspectives pour tous les corps de métier et les Ressources Humaines ne font pas exception. Le Groupe Carrefour a sauté le pas en expérimentant son premier recrutement dans le Métavers. Une petite révolution qui valait bien un tweet d’Alexandre Bompard, PDG du groupe, pour partager l’expérience.
L’info en plus
Saviez-vous qu’il existait un prix du livre RH ? Nous non plus avant de préparer cette newsletter. Il s’agit d’un prix créé en 2000 par Syntec Conseil – Recrutement en partenariat avec Le Monde et Sciences Po. Cette année, la lauréate est Marie-Anne Dujarier pour son ouvrage “Troubles dans le travail”, qui s’interroge sur le sens et le périmètre accordés au mot “travail” en 2022.
L’info en plus de "l'info en plus”
Si vous ne deviez lire qu’un seul livre pour passer pour un éternel érudit, nous vous conseillons : “Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?” Vous pourrez ainsi briller en société et évoquer la lauréate du prix du livre RH 2022 tout en gagnant un temps précieux.