Un magazine Lucca

Pour s’emparer des enjeux RH de demain… mais aujourd’hui

L’heure H épisode #13 : On comprend plus rien

C'est pourtant pas faute d’essayer

Archive de décembre 2023 

S’il existe un domaine qui évolue plus rapidement que Lucky Luke, lui-même en train de tirer plus vite que son ombre, c’est celui des Ressources Humaines. Ce qui était une bonne pratique hier devient, en l’espace d’une journée, un symbole de toxicité professionnelle.

Ce mois-ci, l’actualité RH a joué avec nos certitudes pour mieux les ébranler façon « ni vu ni connu j’t’embrouille ».

L’arnaque des « talents »

Et si le concept de « talent » n’était qu’une vaste fumisterie ? D’après L’Opinion il s ‘agit d’une mode managériale, et nous rappelle l’origine du concept :  c’est une création du cabinet McKinsey qui date de 1998 (et le « guerre des talents » qui va avec) pour développer le marché du recrutement des dirigeants et des cadres supérieurs. 25 ans plus tard, le terme a fait émerger le mythe du héros capable de porter à lui seul la performance d’une équipe ou d’une entreprise. Or, une somme de talents n’est pas suffisante pour garantir un collectif performant (désolé les fans du PSG). Il faut aussi des qualités qu’on retrouve chez des professionnels aguerris qui ont acquis de l’expérience et de la maturité au fil des années : humilité, collectif et pragmatisme

Talent (encore) : les cadres perdent leurs repères

Il faut reconnaître aux « talents » un don : celui de faire douter les cadres de leur propre talent. C’est Harvard Business Review qui le révèle à travers une étude. Pour 78,8% des RH et 75,1% des dirigeants, les talents sont à chercher en interne, ils s’ignorent et ne demandent qu’à être développés. Mais pour 81,3% des cadres, les talents sont des potentiels à détecter en externe, à l’instar d’un actif financier caractérisé par sa valeur marché et sa rentabilité à court terme. Pour eux la transformation de l’entreprise passe par cette figure mythique du talent façon McKinsey, les cadres estiment qu’ils en sont eux-mêmes incapables. Ils ne se voient pas comme un talent. 

L’article plaide pour un retour en grâce des compétences au détriment du talent : valoriser l’acquis au lieu de l’inné.  Alors, pour le bien-être de nos cadres, rejoignez le mouvement #SortirDuCadre (ne le cherchez pas, il n’existe pas).

Congé menstruel : c’est bien… mais en fait non

Depuis le 1er Octobre 2023, les agentes de la métropole de Lyon peuvent demander un congé menstruel en cas de règles douloureuses. Cette initiative octroie 2 jours de congés par mois sur présentation d’un certificat médical valable un an.  Une mesure qui va dans le sens de l’égalite hommes-femmes au travail c’est une bonne nouvelle non ? Ahem…. 

Pour Mathilde Julien, juriste et maîtresse de conférences en droit du travail, cette mesure risque d’aggraver les stéréotypes sexistes sur les travailleuses : moins fiables et plus faibles (quand bien même la douleur des règles mettrait plus d’un homme K.O.). Et attention ça devient technique, l’article rappelle également que le congé paternité a été rendu obligatoire… pour gommer les discriminations à l’embauche liées au congé maternité.

5 jours et un véritable concentré de bordel

Sam Altman a été débarqué de son poste de CEO d’OpenAI (les créateurs de ChatGPT) le 17 novembre. Le 20 novembre il est embauché par Microsoft. Le 22 novembre il est finalement de retour à la tête d’Open AI quand tous les employés ont menacé de démissionner s’il ne revenait pas. Et on vous épargne les innombrables péripéties intermédiaires. À l’origine de son licenciement, un conseil d’administration mécontent. Officiellement, il n’a « pas toujours été franc dans ses communications avec le conseil ». Officieusement, c’est parce qu’il aurait réussi à développer une version de ChatGPT proche de l’AGI, l’intelligence artificielle générale (la fameuse IA qui fait peur façon Terminator) et ça a fichu la trouille au conseil d’administration. 

Comme quoi, le CEO peut être un  salarié boomerang comme un autre.

En vrac : c’est pas dans l’angle mais c’est drôle

Parce que l’actualité RH est parfois un grand marché à ciel ouvert où les invendus sont aussi savoureux que le reste de l’étal. En l’occurrence, deux titres d’articles dans Maddyness qui semblent se répondre de manière aussi accidentelle que savoureuse. D’un côté, Pourquoi il n’y a jamais de DRH dans les startups. De l’autre, Pourquoi les vagues de licenciements dans les startups ne sont pas qu’une mauvaise nouvelle.

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