Un magazine Lucca

Pour s’emparer des enjeux RH de demain… mais aujourd’hui

L’heure H épisode #16 : Foutu pour foutu

On tente le tout pour le tout

Archive de mars 2024

D’après le State of the Global Workplace Report 2023 de Gallup, la France a l’un des taux d’engagement collaborateurs les plus faibles au monde : 7% de salariés engagés (en progression de 1 point par rapport à 2022, youpi). Pire,  27% de salariés seraient activement désengagés,  que s’apelerio « Quiet Quitters » (ou autre néologisme à base de « quitting »). Un contexte vraiment idéal pour mettre en œuvre des chantiers RH structurants (non).

Mais qu’à cela ne tienne, ce mois-ci l’actualité RH a fait contre mauvaise fortune bon cœur, en tentant le tout pour le tout pour remotiver les troupes.

Gabriel, tu brûles mon Futur of Work

Et si c’était parce qu’on travaillait trop ? Alors qu’il présentait sa déclaration de politique générale, le premier ministre Gabriel Attal a fait la promotion de la semaine en 4 jours dans la fonction publique. Objectif affiché : améliorer l’attractivité et la qualité de vie au travail de la fonction publique. Mais les plus observateurs d’entre vous auront instantanément saisi la nuance. Il ne s’agit pas de la semaine DE 4 jours, mais de la semaine EN 4 jours. C’est-à-dire 35 heures ventilées sur 4 jours, contrairement aux 32 heures par semaine payées 35 heures. Franchement, presque.

Une subtilité qui n’a pas échappé à Samuel Durand, réalisateur des documentaires Work in Progress. Il anticipe un échec de la démarche, arguant que la semaine de 4 jours a pour objectif d’améliorer la qualité de vie au travail et l’aménagement vie professionnelle / vie personnelle. Avec des journées de 9 heures, il parle de démarche « contre-productive » et craint qu’on se serve des mauvais résultats de la semaine EN quatre jours, pour critiquer la semaine DE quatre jours.

Dans l’Open Space, personne ne vous entendra crier

Et si c’était la faute aux Open Space ? D’après une étude de la Dares, les conditions de travail y seraient moins bonnes. MyRHline propose d’agir sur les trois principales contraintes de l’Open Space  : 

  • Le bruit : la promesse de meilleure collaboration avec ses collègues est teintée d’une limite assez paradoxale. Le bruit ambiant nous empêche d’entendre un collègue situé à deux ou trois mètres de nous, à moins d’un retentissant « HEIN ? QUOI ? ». 
  • L’intensité du travail : 77 % des collaborateurs déclarent interrompre une tâche pour se consacrer à une autre qui n’était pas prévue. Ce qui est un terrain fertile pour les burn out d’après l’étude.

 

Les arrêts maladie : en Open Space on partage ses idées et ses miasmes.

Manage bien, tu ne sais pas qui te managera

Et si c’était à cause des managers ? Les pratiques managériales ont connu leur lot de remises en question en février. En premier lieu sous la plume de Julia de Funès qui fustige l’importance croissante accordée aux « soft skills » au détriment des « hard skills » dans le management. Une prévalence du savoir-être sur le savoir-faire qui ouvre la porte à la médiocrité managériale selon la philosophe.

Même sujet, autre actualité,  cette fois-ci sous la forme de retour de bâton pour les managers. Aux Etats-Unis, les employés commencent à prendre le réflexe de filmer leur licenciement avant de le partager sur les réseaux sociaux. La manœuvre a pour but de dénoncer des licenciements aussi brutaux qu’inattendus, particulièrement fréquents dans le secteur technologique aux Etats-Unis. Si cette pratique a poussé le CEO de Cloudflare à faire des excuses publiques, d’autres entreprises préfèrent investir dans la « logistique du licenciement » auprès d’entreprises spécialisées pour continuer de licencier en toute quiétude.

Tout miser sur la pause déjeuner

Et s’il suffisait de mettre plus de frites à la cantine ? Ou d’avoir une cantine tout simplement ? C’est une piste de réflexion proposée par France Travail : la pause déjeuner, nouvel enjeu de marque employeur. Comme toutes les tendances depuis 2020, c’est le COVID  qui signe le retour en grâce de la « cantoche », à cause de (ou grâce à) l’essor du télétravail et autre travail hybride. Les chiffres sont éloquents : 9/10 salariés  estiment que le restaurant d’entreprise participe à renforcer le lien social et 64 % considèrent la pause-déjeuner comme l’occasion de profiter d’un moment de convivialité. Quant à la « Gen Z », puisqu’on  nous la sert à toutes les sauces, ils sont 81% à se déclarer plus productifs après avoir profité d’une « bonne » pause-déjeuner. La clé de la QVT, c’était de parler au deuxième cerveau.

Désengagé, dégagé et réengagé

Et si c’était parce qu’il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin non plus ? L’entreprise Cubik Partners a licencié un collaborateur pour « insuffisance professionnelle » car ce dernier refusait de participer aux ateliers « fun & pro ». En d’autres termes, il n’avait aucune envie de côtoyer ses collègues ronds comme des queues de pelles à des apéros d’entreprise. Mais l’histoire ne s’arrête pas là puisque le salarié en question a porté l’affaire devant la justice pour licenciement abusif. Il a obtenu gain de cause et a pu réintégrer l’entreprise avec une indemnité substantielle de 500 000 euros.

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