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Pour s’emparer des enjeux RH de demain… mais aujourd’hui

L’heure H épisode #17 : Le travail ? Un jeu d’enfant

Sales gosses

Archive avril 2024

Quand ils ne cherchent pas à ringardiser les professionnels aguerris que nous sommes, nos chères têtes blondes affectent volontairement (ou non) notre environnement de travail. Entre enfants qui jouent à travailler, adultes qui jouent aux grands enfants, le monde du travail est une gigantesque cour de récré qui s’ignore. 

Ce mois-ci l’actualité RH nous apprend que les enfants c’est formidable mais aussi que, parfois, c’est nul.

Rats et bande d’ingrats

Vous commenciez à peine à cerner la Gen Z ? Voilà qu’une toute nouvelle fournée déboule : la génération Alpha. Si vous passez trop de temps sur LinkedIn, vous les avez peut-être croisés : des visages aux traits juvéniles, qui se vantent de générer 40, 50 voire 100 k€ de chiffre d’affaires par mois et qui comptent bien ringardiser le marché de l’emploi du haut de leur 14 ans. Un phénomène analysé par l’ADN dans leur article La nouvelle obsession de la génération Alpha : sortir de la «Rat Race»

Par «Rat Race», comprenez une vie professionnelle médiocre et difficile, dans laquelle nous sommes tous en compétition pour manger les restes. Pour sortir de cette course, ces adolescents choisissent la voie de l’entrepreneuriat et des réseaux sociaux pour promouvoir leur activité. Au programme : drop-shipping et vente de formations (des termes élégants pour parler d’arnaques). L’article soulève une question pour conclure : «A-t-on encore le droit d’être un branleur ?» C’était bien la peine d’interdire le travail des enfants pour que les enfants redemandent à travailler derrière. Bande d’ingrats.

«Génial, on est des parents qui divorcent !»

Gabriel Attal avec la semaine de 4 jours, c’est comme l’actualité RH avec l’IA : ce n’est pas parce qu’ils insistent pour en mettre partout que ça va se concrétiser pour autant. Après avoir proposé la semaine EN 4 jours dans la fonction publique, le Premier Ministre réfléchit à la mise en place de la semaine DE 4 jours pour les parents divorcés qui assument la garde de leur enfant. Mais avec une petite subtilité, les semaines de garde, les parents travailleraient 4 jours avec 33 heures de travail. Mais sur les semaines classiques de 5 jours, quand ils n’ont pas la garde de l’enfant, ils travailleraient 37 heures. L’idée étant de garder le chiffre de 140 heures par mois. 

Si l’idée est séduisante sur la papier, l’article soulève plusieurs limites. Premièrement, tous les parents divorcés ne sont pas sur un modèle d’alternance de garde hebdomadaire. Et deuxièmement, cela pourrait être mal perçu par les autres collaborateurs et créer des inégalités de traitement qui n’auraient pas lieu d’être : pourquoi accorder ce privilège aux parents séparés et pas aux parents solos ?

Bons élèves, mauvaise posture

Vous vous demandez ce que sont devenus les bon élèves de la classe ? Ceux qu’on appelait les «intellos» ou autres «fayots» ? Et bien ils font des burn-out. D’après Isabelle Pailleau, psychologue clinicienne du travail, les collaborateurs les plus investis  dans leur travail sont les plus exposés aux burn-out. Ces bons élèves du monde professionnel ne prennent pas la mesure de l’impossibilité de ce qu’on leur demande. Ils ne prennent pas suffisamment soin d’eux et le travail occupe tout leur espace mental, jusqu’à l’effondrement. Le sur-engagement et le sur-investissement ne sont donc pas des tendances à prendre à la légère. Ils doivent même constituer une alerte chez les RH pour détecter les signaux faibles chez les collaborateurs concernés.

La fin des mamanagers

Pour Julien Dreher, auteur du livre «Tous managers», l’organisation verticale du travail a créé une relation managériale infantilisante pour les collaborateurs. Ce qui a un double impact négatif. D’un côté on retrouve des collaborateurs passifs qui attendent les ordres et directives des managers avant de s’emparer des sujets. Comme la montée en compétence, les collaborateurs ont tendance à attendre patiemment que le manager propose ou organise des formations. Or, ils n’ont aucun problème à regarder une vidéo Youtube pour apprendre déboucher un évier si le besoin se présente à la maison.

De l’autre côté, on retrouve des managers sur-chargés par cette infantilisation et qui se retrouvent affublés de tâches superflues, comme la gestion des plannings de congés. Une tâche qui pourrait disparaître en responsabilisant les collaborateurs et en les laissant s’organiser entre eux.

«Non, pas dodo !»

Un sujet qui ne manquera pas de parler aux jeunes parents : le manque de sommeil à des conséquences désastreuses sur notre santé et sur notre travail. Un manque parfois subi (coucou les jeunes parents)… mais souvent consenti. En cause, un culte de la figure du petit dormeur et la propagation de l’idée que le sommeil est une perte de temps. Conséquence, 62% des français ont un manque chronique de sommeil, ce qui coûterait en moyenne 100 milliards d’euros par an au pays. Le montant prend en compte les impacts sur la santé des collaborateurs (prise de poids, surpoids, diabète…) et sur leur productivité (baisse du temps de réaction et des performances cognitives).

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