Un magazine Lucca

Pour s’emparer des enjeux RH de demain… mais aujourd’hui

L’heure H épisode #26 : L’eusses-tu cru ?

La logique du contre-intuitif

Archive février 2025

Dans la version commentée du film  « Le Jour d’Après » (chacun ses hobbies), le réalisateur Roland Emmerich explique que, pour se réchauffer, les scientifiques postés en zones polaires ne boivent pas de boissons chaudes mais des boissons sucrées. Le sucre stimule l’organisme et le réchauffe, la boisson chaude nous fait transpirer ce qui diminue la température du corps. Raison pour laquelle les bédouins portent des vêtements sombres et boivent des boissons chaudes en plein désert. C’est étonnamment aussi logique que contre-intuitif.

Ce mois-ci, l’actualité RH avait bien besoin d’une version commentée du réalisateur pour nous  présenter l’implacable logique contre-intuitive des événements qui se sont déroulés sous nos yeux. Quitte à nous faire lever quelques sourcils interrogateurs et circonspects au passage.

Zuck Machine

Et si le véritable enjeu des entreprises n’était pas l’inclusion et la diversité, mais bien la sous-représentation masculine ? C’est en tous cas l’analyse de Mark Zuckerberg qui souhaite insuffler plus d’«énergie masculine» dans le monde professionnel. En d’autres termes, l’entrepreneur estime qu’ « une culture qui valorise un peu plus l’agressivité a ses mérites ». Une conviction que Mark Zuckerberg a acquise au fil des tatanes échangées avec ses copains dans sa récente pratique des arts martiaux. L’entrepreneur souhaite donc en finir avec les politiques d’inclusion et de diversité qui ont « culturellement castrées » le monde professionnel. 

Dont acte puisque Meta a annoncé mettre fin à ses programmes de diversité, équité et inclusion (DEI). Une approche dont la contre-intuitivité n’a d’égale que la surprise créée dans la rédaction du Figaro, qui en vient même à se demander si Mark Zuckerberg ne serait pas le nouveau portrait-robot du manager toxique.

Une salle, une sale ambiance

En parlant d’« énergie masculine », Mark Zuckerberg se serait sans doute pris une mandale bien virile dans l’octogone par la Loi Française s’il avait tenu ces propos dans une entreprise de l’hexagone. Car on peut désormais être victime de propos sexistes sans en être la cible. C’est ce qu’on appelle le harcèlement d’ambiance. Autrement dit, en cas de remarques ou gestes déplacés, blagues douteuses et toute autre forme de harcèlement sexiste et sexuel, c’est tout l’open space qui peut désormais tomber sur le harceleur, plus uniquement la cible des agressions. Dommage collatéral, victime littérale.

Une décision rendue par la Cour d’appel de Paris le 26 novembre 2024 en faveur d’une employée licenciée par son entreprise. Cette dernière a contesté son licenciement en se disant victime de harcèlement sexuel d’ambiance. Déboutée par les Prud’hommes dans un premier temps, la Cour d’appel a finalement donné raison à l’ex-employée qui doit désormais être indemnisée pour le préjudice.

IA : efficacité pas prouvée

Vous voyez quand LITTÉRALEMENT TOUT LE MONDE nous répète à l’envie que l’Intelligence Artificielle nous fait gagner en productivité et en efficacité ? Et bien en fait oui-mais-non-c’est-plus-compliqué-que-ça. C’est ce que détaille Laëtitia Vitaud dans une newsletter. Pour appuyer son propos, elle rappelle à notre bon souvenir les magasins révolutionnaires du futur d’Amazon sans caissiers, avec débit automatique du montant exact de nos courses en sortant du magasin. Il s’avère qu’Amazon a finalement fait machine arrière car l’intelligence artificielle reposait en réalité sur des milliers d’employés en Inde,  chargés de visionner les vidéos pour surveiller et corriger l’IA. Évidemment, cela a fini par coûter trop cher. 

Laëtitia Vitaud alerte aussi sur la complexité supplémentaire apportée par l’IA dans notre quotidien professionnel avec trois chiffres à l’appui : 

Bravo les feignants

La logique voudrait qu’une entreprise attribue une prime aux employés si ces derniers ont bien travaillé, dépassé les objectifs, montré un engagement hors-du-commun ou fait preuve de performances exceptionnelles. Et bien pas Whoop. Chez Whoop, on récompense les salariés… qui font des gros dodos à hauteur de 100 dollars par mois. Mais attention, quand il s‘agit de rétribution,  le sommeil n’échappe pas à la logique d’atteinte d’objectifs. Et ça tombe bien puisque Whoop commercialise des bracelets connectés pour mesurer les phases de sommeil, le niveau de stress, l’intensité d’un effort physique etc. Pour prétendre à cette prime, les salariés doivent atteindre chaque mois 85% de leurs besoins en sommeil. Parce qu’il s‘agirait de rester efficace et performant même pour le sommeil.

Grillés les TAM

En parlant de feignants, sur un marché de l’emploi tendu, les Talent Acquisition Manager ont de quoi être détendus : en France, 57% des recrutements sont passés par le bouche-à-oreille en 2024. Un chiffre en hausse de 4 points par rapport à 2023 et qui s’élève à 75% pour la Corse. Sur certains secteurs d’activité cela atteint des sommets puisque 99% des postes d’aide-cuisinier en Ile-de-France sont pourvus sans annonce. Donc la prochaine fois que vous croisez un TAM qui fait mine d’être débordé, vous savez qu’il fait semblant puisque 60% de ses objectifs de recrutement se réalisent comme par magie (l’auteur de ces lignes s’attend évidemment à des représailles bien méritées).

On pose ça là

On connaît la chanson, la Gen Z ne veut plus manager, le M c’est pas le S (okay boomer) blabla… Rien de bien contre-intuitif mais le phénomène a désormais lui aussi son petit nom bullshito-corporate savoureux, à savoir : le Conscious Unbossing. Voilà, maintenant vous savez, c’est cadeau.

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