Et surtout les vacances
Archive de juillet 2023
Dernier épisode avant des vacances pas franchement méritées, parce qu’au rythme d’une newsletter par mois, on ne peut pas dire que la productivité nous esquinte la santé. Et quoi de mieux pour un dernier épisode que de parler… de fin.
Ce mois-ci, l’actualité RH avait comme un parfum de temps révolus, dont le seul souvenir fugace est préservé par une persistance mémorielle aussi involontaire que fébrile. Bref, ça sent la fin, et parfois c’est pas plus mal.
Toutes les mauvaises pauses ont une fin
Et si vous preniez mal vos pauses depuis toutes ces années ? La prestigieuse revue HBR a passé au crible 80 études sur les “breaks” au travail pour savoir si les pauses c’est bien ou pas. Dès le premier constat, l’article met les pieds dans le plat : travailler sans relâche n’est pas synonyme de productivité. Au contraire, ce sont les pauses qui nous permettent d’être efficaces, n’en déplaise aux entrepreneurs-influenceurs LinkedIn qui partagent leur routine quotidienne effrénée à base de réveil à 4h du matin et de pause déjeuner raccourcies.
L’article nous apprend ensuite qu’une pause, ça ne s’improvise pas, c’est tout un art. À la lecture des 80 études, HBR a dressé le profil idéal d’une pause :
- Prendre des micros-pauses régulières de quelques minutes le matin et des breaks plus longs mais plus espacés l’après-midi.
- Privilégier l’extérieur avec, si possible, de la verdure.
- Garder son nez loin de son téléphone. Nous sommes 97% à consulter nos réseaux sociaux pendant les pauses, ce qui entraîne une fatigue émotionnelle.
- Faire un peu d’exercice (à minima des étirements) ne fait pas de mal
- Papouiller un gentil petit chien (pôtichien) ou petit chat (pôtichat). Ce sont les études qui le disent, c’est de la science.
Maintenant vous pourrez faire de vraies pauses de champions.
Les dernières heures du pipotronic
Ca y est, ça commence à se voir, l’âge d’or de la novlangue managériale est révolue. Et c’est Le Monde qui dégaine en premier avec un constat : “les collaborateurs” ont remplacé “les salariés”. Un glissement sémantique qui a pour principal objectif d’offrir un joli lifting aux rapports de subordination. Le “salarié” est une vulgaire force de travail au service d’un “patron” qui est dans une posture attentiste d’un salaire en fin de mois. Or, le “collaborateur” est une ressource volontaire et engagée aux côtés d’un “leader” qui cherche l’épanouissement. Une transformation de façade car sur le papier, tout le monde est bel et bien logé à la même enseigne : nous ne pouvons pas être ce qui n’existe pas. Et le terme “collaborateur” n’est pas dans le code du travail.
Finie l'égalité hommes-femmes
Il paraît que l’IA va supprimer progressivement des emplois et remplacer les humains qui les occupaient. Et les premières victimes collatérales seront les femmes d’après un article de Tech Talks. En cause, une forte présence des femmes dans les métiers dits “supports”, métiers particulièrement menacés car l’IA s’avère redoutable sur ces postes. En tête de liste on retrouve les métiers relatifs à la comptabilité, la gestion administrative, les ressources humaines ou bien encore au conseil financier. Les politiques RSE vont prendre du plomb dans l’aile.
L'important c’est pas de gagner la course, mais d’en venir à bout
Ce n’est pas vraiment une actualité RH, mais un RH habile sur les réseaux sociaux arrivera sûrement à la transformer en un post inspirant. Jolien Boumkwo, lanceuse de poids belge, improvise un 100 m haies au Championnat d’Europe d’athlétisme pour éviter la disqualification de la Belgique à ce championnat par équipes. Comme disait Flaubert, ce qui fait le collier ce n’est pas la perle, c’est le fil. #engagement #qvt #teamspirit.
Pour finir en beauté
Au cas où cette newsletter vous manquerait trop cet été, nous vous conseillons vivement de vous abonner à celles qui ont inspirées l’heure H :
- Time to Sign Off une revue de presse généraliste quotidienne (eux ils bossent vraiment)
- CDLT une newsletter “à peu près bi-mensuelle sur le monde du travail, la com et les conneries de LinkedIn.”