Du balais
Archive mars 2026
Aujourd’hui, quand on dit qu’on fait le « ménage de printemps », c’est qu’on a épousseté les meubles en plus de passer l’aspirateur et la serpillère. Mais dans l’Antiquité, le ménage de printemps ça rigolait pas du tout. C’était à la fois utilitaire (faire du tri et remettre tout au propre dans la maison quoi) et symbolique puisqu’on accueillait le réveil de la nature après la saison morte. Et bien manifestement la période existe aussi chez les RH. Bon, ils ne connaissent pas vraiment de saison morte, mais ils ne sont pas dispensés pour autant d’évacuer tout ce qui est inutile.
Ce mois-ci, l’actualité RH se la jouait Arnold Schwarzenegger et s’armait d’un balai pour nettoyer la baraque de fond en comble après avoir laissé le bordel l’agilité s’accumuler.
Mais d’abord…
Une grossière auto-promotion éhontée pour vous informer que L’heure H est désormais un média. C’est une extension éditoriale de cette newsletter où vous pourrez retrouver nos articles, podcasts, tribunes, newsletters… un peu comme tous les médias, mais en pas pareil. Si vous aimez nous lire ici, on espère que vous aimerez aussi nous lire là-bas.
La transparence sous le tapis
Parfois la manière la plus rapide et la plus efficace de faire le ménage, ça reste de mettre toute la poussière sous le tapis. C’est un peu ce qu’a fait le gouvernement avec la transparence des rémunérations. Après 3 ans d’inactivité à regarder la directive européenne dans le blanc des yeux, le gouvernement a finalement pris la décision de repousser sa mise en application dans la dernière ligne droite, selon les source d’AEF Info. Initialement prévue le 7 juin 2026, l’exécutif privilégie aujourd’hui une entrée en vigueur le 1er janvier 2027 au plus tôt avec un nouveau scénario :
- Juin – juillet : présentation d’un projet de loi
- Septembre – octobre : examen à l’Assemblée Nationale, puis adoption définitive dans la foulée
- Janvier 2027 : entrée en vigueur des premières mesures
Il s’agit d’un calendrier provisoire, donc encore susceptible de bouger. Il faudra juste se rappeler de soulever le tapis d’ici là.
Emploi des seniors : balayer devant sa porte
La paralysie de l’employabilité des seniors se résume traditionnellement à la dissonance de postures entre les politiques publiques et les entreprises. D’un côté, les réformes successives des retraites vont toutes dans le sens de l’allongement de la durée du travail, et de l’autre les entreprises se montrent toujours aussi frileuses à recruter des seniors (54% des recruteurs les considèrent comme une contrainte). Mais si ce duel traditionnel était en réalité une impasse mexicaine dans laquelle les seniors jouaient aussi un rôle dans leur propre employabilité (ou non-employabilité) ? C’est une question que nous avons creusée dans notre dernier article.
Le grand récurage des petits comités
Le 1er mars, la première phase de la loi Rixain est entrée en vigueur. Désormais, les comités exécutifs et les comités de direction (COMEX et CODIR pour ceux qui ont pris acronymes LV1) des entreprises de plus de 1000 salariés devront compter au moins 30% de femmes. Un seuil assez peu contraignant puisqu’il était déjà atteint en 2025 par toutes les entreprises du SBF 120 et du CAC 40. Prochaine étape : un deuxième palier imposé par la loi qui fixe le quota à 40% au 1er mars 2029. Si ces quotas défrichent doucement la parité, ils ne changent rien au partage du pouvoir et des responsabilités : les femmes ne représentent que 10% des CEO dans les entreprises du SBF 120 et du CAC 40 et leurs rôles dans les CODIR, COMEX et CO-machins-trucs se cantonnent généralement à des fonctions support (RH, RSE, communication, marketing…).
Ça tombe presque bien, parce que le moment n’a jamais été aussi opportun de briguer le poste de CEO et devenir Calife à la place du Calife. Selon la dernière étude de Spencer Stuart sur les transitions de PDG au sein des entreprises du S&P 1500 (indice boursier américain), 2025 marque un pic de turnover des CEOs avec 168 remplacements, un record depuis 2010. L’ancienneté moyenne des CEO est tombée à 8 ans et demi : 40 % des dirigeants qui ont mis les voiles en 2025 sont partis au cours de leurs 5 premières années en poste. Fait notable, 84 % des nouveaux PDG occupent la fonction pour la première fois et sont de plus en plus « jeunes » (des jouvenceaux de 54 ans en moyenne).
Télétravail : ménage en paix et paix des ménages
Si vous avez 29 ans, vous ferez peut-être partie des heureux élus qui recevront une lettre du gouvernement français pour, officiellement, vous sensibiliser à l’infertilité. Officieusement, on rappelle à votre bon souvenir que le réarmement démographique ne va pas se faire tout seul et qu’il serait grand temps de penser à procréer fissa. Et pendant ce temps-là, une étude de l’université de Stanford vient de dévoiler que la mesure la plus efficace pour relancer la natalité est… le télétravail.
Dans les 38 pays étudiés, quand les deux partenaires télétravaillent au moins un jour par semaine, ça entraîne une hause de 0,32 enfants par femme. Un chiffre qui monte jusqu’à 0,45 aux États-Unis, soit environ 291 000 naissances par an. Alors, on vous voit venir, non ces enfants ne sont pas conçus pendant les jours télétravaillés (enfin… statistiquement, il y a sûrement des exceptions). C’est juste que les jeunes parents ont plus de temps à consacrer et à investir dans un projet familial, notamment parce qu’ils ne perdent plus de temps dans les transports. Comme si la natalité était liée au confort de vie. Qui l’eut cru ?
Plaintes générées par IA : RH lessivés
Les services RH britanniques sont confrontés à un nouveau fléau de bouillie administrative dont seules les IA génératives ont le secret : les salariés génèrent désormais leurs doléances avec des LLM. Au lieu d’un simple email, les plaintes font aujourd’hui une trentaine de pages et condensent un gloubi-boulga de loi canadiennes, fausses jurisprudences et autres anecdotes historiques sans aucun rapport avec la choucroute. Résultat, les prud’hommes britanniques ont vu le nombre de dossiers augmenter de 33% l’an dernier tandis que la résolution des contentieux à diminué de 10%.
Un petit coup de polish sur la carrière
Vous vous souvenez de Kristine Cabot ? L’ancienne DRH d’Astronome surprise en flagrant délit d’adultère avec son PDG pendant un concert de Coldplay ? Et bien le 16 avril, elle donnera une conférence à Washington sur la gestion et la communication de crise où elle reviendra sur cette expérience. Une intervention d’une trentaine de minutes à laquelle vous pouvez assister pour la modique somme de… 700 euros.