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Pour s’emparer des enjeux RH de demain… mais aujourd’hui

L’heure H Épisode #41 : C’est chaud

Pas que à cause de la canicule

Archive juin 2026

Si vous faites partie des chanceux qui travaillent dans des bureaux climatisés, ça risque de ne pas vous parler. Mais l’avantage des vagues de chaleur, c’est que ça nous permet de subtilement masquer notre malaise au travail en laissant planer le doute sur l’origine de la sudation : chaleur ou stress d’une visite de l’inspection du travail ? Chaleur ou gêne après une remarque déplacée d’un manager ? Chaleur ou angoisse à l’idée d’annoncer un plan de sauvegarde de l’emploi qui ne sauvegarde pas franchement l’emploi ? (on se console comme on peut).

Ce mois-ci, l’actualité RH a envoyé une vague de chaleur qui a fait transpirer les entreprises et les salariés, mais rien à voir avec la canicule.

C’est chaud comment on abuse

On commence par notre désormais traditionnelle autopromo décomplexée des derniers sujets parus sur notre média : 

On termine avec une séquence copinage. Lucca est partenaire du Festival RH organisé par Maud Grenier le 1er et 2 octobre 2026. Deux jours pensés par les RH, pour les RH avec 5 thèmes mis à l’honneur : la santé au travail, la solidarité au travail, s’affirmer en tant que RH, parentalité et performance durable, internationalisation des talents. Il paraît que si vous cliquez ici vous pourrez faire partie de l’élite qui aura sa place avant qu’il n’en reste plus.

Et promis, il n’y aura aucun sacrifice d’enfant. Cette année. Jamais en fait.

Canicule : le Produit Intérieur Brûle

Bon finalement on va quand même parler de canicule. Si vous avez l’impression d’être moins efficace pendant les vagues de chaleurs, ce n’est pas qu’une impression. D’après une note d’Allianz Trade, on perd 40% de notre capacité à effectuer une tâche physique par 32°C et ça monte à 68% par 38°C. En 2025, les canicules de juin et juillet auront fait perdre 0,3 points de PIB. Ça paraît un tout petit rien du tout dit comme ça mais ça représente 7,8 milliards d’euros. Et en prenant en compte les vagues de chaleur du mois d’août, ça représente une perte sèche de 10,1 milliards d’euros pour la France. Des données à garder en tête quand on viendra nous expliquer que ce qui a tué la productivité du mois de mai 2026, c’étaient les ponts et jours fériés.

Bolt souffle le chaud et le froid

Si vous traînez beaucoup sur LinkedIn ça ne vous aura sûrement pas échappé. Lors d’une événement organisé par le magazine Fortune, le PDG de Bolt (la fintech, pas les VTC) s’est vanté de s’être débarrassé de toute son équipe RH car «elle créait des problèmes qui n’existaient pas». Entre 2022 et 2025 la valorisation de Bolt a diminué de 97% passant de 11 milliards à 300 millions de dollars. Ryan Breslow avait quitté la direction de Bolt précisément en 2022 avant de revenir en 2025. Son constat : les RH c’est utile quand tout va bien, mais en temps de crise c’est un frein et ses employés étaient devenus un peu trop «à l’aise» à son goût. Il a souhaité revenir à «un fonctionnement plus startup». Comprenez : suppression du service RH, licenciement de la quasi-totalité de l’équipe dirigeante recrutée en son absence, suppression des congés illimités et de la semaine de 4 jours. Saupoudrez le tout d’un retour de la culture du cravachage et voilà le travail. Probablement une lubie des PDG de la fintech.

Mais ce qu’il n’a pas dit lors de cet événement c’est qu’il a remplacé ses RH par… des «People Ops». Cette cascade a été réalisée par un professionnel, ne refaites pas ça chez vous. On est habitué à ce genre de comportement, ce n’est pas la première fois que les RH en prennent pour leur grade. Pour autant, ce désamour constant n’empêche pas les étudiants de se ruer sur les formations en ressources humaines… quitte à déchanter une fois confrontés à la réalité du terrain.

Pas besoin de gril, l’enfer c’est le PIP

Pour les profanes, le PIP est l’acronyme de Performance Improvement Plan. C’est une pratique venue des États-Unis qui consiste à remettre les salariés sur les rails de la performance  quand les résultats ne sont pas au rendez-vous. Dans un article du Nouvel Observateur, l’avocat Félix Guinebretière constate que les PIP sont souvent utilisés comme une «antichambre du départ». Autrement dit, un moyen de monter un dossier pour insuffisance professionnelle  pour pousser vers la sortie un salarié que l’entreprise veut voir partir. Une démarche plus difficilement attaquable aux Prud’hommes qu’un licenciement classique. Effet du PIP ou simple coïncidence, mais l’avocate Élise Fabing, rappelle que les licenciements économiques ont baissé de 40 % en dix ans, quand ceux pour insuffisance professionnelle ont bondi de 60 %

L’idéal reste donc d’éviter le PIP. Et ça tombe bien, des employés d’Amazon ont trouvé une bonne combine. Certains salariés sont désormais évalués sur leur usage de l’IA. Ils se retrouvent donc avec des objectifs qui les enjoint à utiliser de plus en plus de tokens. Sans même préciser dans quel but précis. Qu’à cela ne tienne, pour atteindre (et même dépasser) l’objectif, certains employés se sont inventés de nouvelles tâches inutiles, pour faire tourner dessus en permanence un agent IA qui ne sert à rien et ainsi exploser le quota de tokens demandé. La course à l’usage de l’IA vient accidentellement de créer l’employé de Schrödinger : à la fois improductif et sur-performant.

«Biens cuits les salariés s’il vous plaît»

L’Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique (OICN) a publié son référentiel annuel au début du mois de mai. Si vous avez l’impression que vous croulez sous les emails, les notifications, les réunions, les Slack, les Teams, les visios et compagnie, sachez que ce n’est pas une impression. Un rapport épluché par Jules Thomas, journaliste à Le Monde, qui relève qu’en moyenne, un salarié français reçoit 169 emails par semaine, en envoie 38, envoie 110 messages sur des tchats internes et passe six heures en réunion. Au total, ça représente vingt-sept heures chez les dirigeants, dix-neuf chez les managers et dix chez les salariés non managers. Une sur-sollicitation généralisée, génératrice de micro-interruptions, qui serait la première cause de stress et d’épuisement au travail.

Mais pas de panique, d’après l’ex-PDG de Renault Carlos Ghosn (plus connu sous le nom de «l’homme qui voyage dans la malle» par les enfants) le burn-out n’existe pas. C’est juste un truc de fragiles en manque de sens au travail parce que travailler 16 heures par jour, quand on aime vraiment son travail, c’est revigorant.

Réglementations : c’est chaud pour les fesses des RH

Double coup dur pour les RH qui n’auront pas été épargnés par le mois de mai niveau réglementations. D’abord, le Parlement a définitivement voté une amende administrative en cas d’absence de DUERP qui s’élèvera à 4000 euros par salarié concerné. Ensuite, la CNIL a modifié le régime de l’honorabilité dans son référentiel RH : elle n’est plus perdue au milieu des antécédents judiciaires, elle doit désormais avoir un traitement RH à part entière, avec ses propres règles.

La question qui brûle les lèvres des DRH

«Qu’est-ce que les CEO attendent des RH ?» Alexis Eve est allé poser la question à Jean-Daniel Guyot, CEO de Memo Bank et ex-Captain Train. Il a 5 exigences. On vous livre la première : 

  • Votre CEO veut être affronté.  

 

On vous laisse découvrir le reste.

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