Accueil » Talents » Compétences & carrières » L’entretien de parcours professionnel : comment gérer cette obligation ?
La loi n° 2014-288 du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle puis la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel ont rendu obligatoire et encadrent l’entretien professionnel. Voyons en détails de quoi il s’agit précisément.
Sommaire de l'article
En quoi l'entretien de parcours professionnel consiste-t-il et qui est concerné ?
Auparavant, un salarié avait, au mieux, le droit à des bilans d’étapes et de deuxième partie de carrière. Dorénavant, un entretien de parcours professionnel est obligatoire dans l’année suivant l’embauche puis tous les 4 ans.
Il permettra de faire le point sur les perspectives d’évolution de carrière professionnelle afin d’évaluer les besoins en formation des salariés. Cet entretien doit aboutir à la mise en place d’actions en lien à la fois avec les objectifs personnels des salariés et la stratégie de l’entreprise : action de formation, progression salariale et/ou de carrière, certification des connaissances (ou VAE – validation des acquis de l’expérience).
En complément de l’entretien de parcours professionnel, un bilan obligatoire est réalisé tous les 8 ans. Il permet de faire un état des lieux des années écoulées, en revenant sur le parcours du salarié dans l’entreprise et en vérifiant sa cohérence avec les perspectives d’évolution définies lors des précédents entretiens.
Ce bilan permet de répondre à plusieurs questions :
- Y a-t-il eu au moins une action de formation ?
- Le salarié a-t-il progressé professionnellement ?
- Y a-t-il eu une validation des acquis ?
Attention, l’entretien de parcours professionnel obligatoire n’est pas un entretien d’évaluation annuel (aussi appelé entretien de performance ou entretien d’objectifs, selon les employeurs). Il prend néanmoins la place des bilans d’étapes et de l’entretien de deuxième partie de carrière. Il est donc nécessaire, amis employeurs, de bien faire le distinguo entre l’entretien de parcours professionnel obligatoire et les autres entretiens prévus par l’entreprise.
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Quand l'entretien doit-il être organisé ?
Un entretien de parcours professionnel doit être réalisé l’année suivant l’embauche, puis tous les 4 ans.
Il concerne également les salariés reprenant leur activité professionnelle après un arrêt de longue durée tels que :
- le congé maternité,
- le congé parental,
- le congé d’adoption,
- le congé de soutien familial,
- l’arrêt longue maladie
- les retours de CIF, de mandat syndical ou d’une période de mobilité volontaire sécurisée.
En sont toutefois exclus les salariés mis à disposition des entreprises d’accueil, les salariés intervenant dans le cadre d’une sous-traitance et les intérimaires.
Il ne s’agit pas ici d’évaluer les performances du salarié ou de vérifier que ses objectifs sont atteints. C’est une discussion ouverte entre le l’employeur et l’employé permettant de faire un bilan du développement du collaborateur à travers son parcours professionnel passé et ses aspirations.
L’employé peut d’ailleurs tout à fait demander à ce moment un bilan de compétences afin de situer au mieux sa place dans l’entreprise. L’employeur doit quant à lui informer son salarié sur les possibilités d’évolution qui peuvent exister pour lui, la stratégie et les besoins de l’entreprise, et la mise en œuvre possible d’un plan de formation.
Quelles sont les formalités à respecter ? Comment se prépare et se déroule l’entretien de parcours professionnel ?
Il sera précisé par écrit à chaque nouveau salarié, que ce soit dans un livret d’accueil ou dans son contrat de travail, qu’il bénéficiera d’un entretien de parcours professionnel l’année suivant l’embauche puis tous les 4 ans.
Il est indispensable de préparer l’entretien de parcours professionnel et de suivre quelques étapes :
- prévenir le salarié un mois au minimum avant la date de l’entretien ;
- préparer un dossier relatant le parcours du salarié de l’entreprise (fiche de poste, formations déjà suivies, etc.) ;
- faire une liste des perspectives d’évolution à proposer au salarié ;
- lister également par quel moyen (VAE, bilan de compétences, etc.) il est possible d’amener des axes de progression au salarié ;
- se documenter sur les formations envisageables (délai, durée, financement, etc.).
L’entretien de parcours professionnel se déroulera sur le temps de travail du salarié.
Pour être efficace, l’entretien de parcours professionnel peut être structuré comme suit :
- en premier lieu, l’employeur présente les objectifs de l’entretien professionnel au salarié tout en faisant un résumé rapide de l’éventuel entretien précédent ;
- l’employeur fait le point sur les années écoulées au niveau des formations et/ou actions qui se sont déroulées ;
- l’employeur identifie ensuite les compétences qui sont maîtrisées et celles qui pourraient être développées en s’appuyant sur les missions actuelles et le parcours déjà effectué au sein de l’entreprise ;
- les besoins et les projets de l’entreprise sur lesquels le salarié peut se positionner sont présentés ;
- l’employeur définit le projet professionnel de l’employé, il prend note de ses souhaits d’évolution ou de changement professionnel (question sur la mobilité, par exemple) et il repère les éventuels points bloquants afin de proposer des actions pour y remédier ;
- l’employeur esquisse les prémisses du plan d’action qui sera mis en place ;
- enfin, cet entretien de parcours professionnel devra être formalisé dans un compte rendu écrit (de préférence signé des 2 parties pour éviter toute ambiguïté) dont un exemplaire sera remis au salarié et le second, au service des ressources humaines.
Et si le salarié refuse cet entretien de parcours professionnel ?
Bien qu’obligatoire pour l’employeur, l’employé peut tout à fait refuser de se présenter au rendez-vous convenu pour l’entretien de parcours professionnel.
Dans ce cas, il est préférable de prendre acte de ce refus par écrit. Un courrier remis contre décharge ou en envoi recommandé avec accusé de réception permettra à l’employeur de justifier officiellement du pourquoi de la non-tenue de cet entretien et d’éviter ainsi les risques de sanctions auxquelles il pourrait alors être confronté.
Comment réagir au refus du salarié ?
Suite à un premier refus, il convient de convoquer une nouvelle fois le salarié concerné par écrit. Le manager de proximité peut aussi échanger avec lui sur les motivations de son refus et lui rappeler les enjeux de l’entretien de parcours professionnel pour sa carrière.
À retenir sur l'entretien de parcours professionnel
- L’entretien professionnel est obligatoire l’année suivant l’embauche puis tous les 4 ans ;
- Un état des lieux doit être réalisé tous les 8 ans ;
- Il est distinct de l’entretien d’évaluation annuel ;
- Il s’agit d’un bilan de parcours, d’une discussion sur le projet de carrière du collaborateur et non pas d’une évaluation de performances ;
- Des sanctions financières sont prévues si ces entretiens ne sont pas effectués.
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