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Gestion des talents

Préparation mentale : comment peut-elle aider les collaborateurs à faire face aux changements et à l’incertitude ?

Temps de lecture : 6 minutes

Et si vous pouviez doter vos collaborateurs de la force mentale d’un Novak Djokovic ou d’une Serena Williams ? Dans le sport de haut niveau, l’impact positif de la préparation mentale sur la performance et le bien-être est indéniable. Par performance, nous entendons ici le potentiel diminué des interférences. Dans le contexte professionnel mouvant actuel, où adaptation rime avec conduite du changement, cette approche pourrait s’avérer tout aussi bénéfique en entreprise. Ceci semble d’autant plus pertinent que 71% des salariés faisant face à des difficultés psychologiques considèrent un changement de poste, d’entreprise, ou même une reconversion professionnelle. Aux côtés de Nicolas Dugay, directeur associé de PREFERA et spécialiste de la préparation mentale, arpentons les bonnes pratiques à mettre en place pour renforcer le mental de vos collaborateurs et favoriser leur épanouissement, malgré les imprévus et obstacles rencontrés propres à la vie professionnelle.
Sommaire

Évaluez le niveau de performances mentales de vos collaborateurs

Avant d’aborder les techniques et méthodes pour renforcer l’état d’esprit de vos collaborateurs, Nicolas Dugay explique l’importance de tester leurs compétences psychologiques actuelles : 

“En collaboration avec Ingrid Petitjean, ancienne membre de l’équipe de France de voile olympique et forte de 15 ans d’expérience, nous avons créé un profil détaillé de performance mentale d’une durée de 20 minutes. Cette évaluation  révèle le profil mental des participants. Il permet également d’évaluer leur capacité à entrer en état de fluidité (ou de “flow”), cet état d’immersion et d’efficacité maximale.”

Voici un échantillon des questions que l’on retrouve dans le test évoqué par Nicolas Dugay : 

  • Suis-je actif face aux situations nouvelles ?
  • Suis-je facilement réceptif à la critique ?
  • N’ai-je aucune difficulté à me concentrer durablement ?
  • Ai-je tendance à expérimenter de nouvelles choses ?

Comme le souligne Nicolas Dugay : “Ce diagnostic poussé permet de déterminer la position d’un individu à un instant T sur l’échelle de la performance mentale au travers d’un score exprimé en pourcentage.”

Exemple : imaginez que l’un de vos collaborateurs réalise le profil et obtienne un score de 87%. Ses résultats lui indiquent qu’il performe dans des domaines comme la résolution de problèmes complexes et la prise de décision rapide. En revanche, ce score met aussi en évidence des points à améliorer, notamment en matière de gestion du stress et de capacité à rester concentré sur de longues durées.

Cette évaluation sert de rampe de lancement à l’application de la méthode PREFERA, une approche innovante conçue par Nicolas Dugay, Ingrid Petitjean et Erika King Soon, composée de 7 éléments clés, formant l’acronyme PREFERA : Plaisir, Raisons d’être, Exigence, Forme, Echange, Réussite et Amour de soi. L’objectif ? Développer un mental de gagnant. Elle s’adapte à une variété de profils professionnels et personnels, qu’il s’agisse de dirigeants, de commerciaux, de sportifs de haut niveau ou d’étudiants. Chaque groupe bénéficie d’une approche sur mesure, adaptée à ses défis et besoins intrinsèques, ce qui permet une amélioration ciblée et efficace de la performance mentale.

Mettez en place des méthodes pour aider vos équipes à faire face aux changements et aux difficultés qui en découlent

Préparez mentalement vos équipes en intégrant la méthode VAR à leurs pratiques

Nicolas Dugay préconise l’utilisation de la méthode VAR pour transformer les échecs professionnels en opportunités d’apprentissage et de rebond. Cette approche se décompose en 3 temps :

  • visualiser la gravité de l’échec : se demander : « Est-ce vraiment si grave ? Est-ce que ma vie en dépend ?« ,
  • accepter la situation : reconnaître que l’échec est une expérience subjective et comprendre que même les meilleurs professionnels ont connu des échecs, eux aussi,
  • revisualiser l’action : réfléchir à ce qui pourrait être fait différemment si une situation similaire se présentait à nouveau.

“Cette méthode encourage à prendre du recul et à apprendre de ses échecs, plutôt que de s’enliser dans une spirale négative d’auto-critique« , explique Nicolas Dugay, avant d’ajouter : “que ce soit face à un projet retardé ou à un changement perturbant, l’objectif est de tirer des leçons, d’envisager des alternatives, et de réessayer en portant un autre regard sur la situation. Ce mode de pensée aide à sortir de la négativité et à retrouver un état de “flow” constructif.” L’approche permet également de répondre à la demande et au besoin de “bien être” dans de nombreux domaines. 

Éduquez vos équipes sur l'impuissance apprise et l'attribution causale, deux concepts psychologiques majeurs dans le domaine de la préparation mentale

Illustrons ceci par une étude menée en 1988 par Nort Thornton de l’Université de Berkeley. Quatre mois avant les Jeux Olympiques, il a observé les réactions de nageurs après un échec. Ses observations ont révélé que, suite à une contre-performance, la moitié des nageurs voyaient leurs performances chuter lors de la course suivante, tandis que l’autre moitié maintenait leur niveau. Ce constat met en lumière deux dynamiques psychologiques importantes :

  • L’impuissance apprise : un concept selon lequel, suite à des échecs répétés, certaines personnes peuvent développer une forme de résignation, en venant à accepter l’échec comme une norme inévitable. Il est donc primordial de décomposer et de comprendre chaque échec pour empêcher sa répétition, ou du moins pour en retarder la récurrence,
  • l’attribution causale efficace : les nageurs les plus opiniâtres parviennent à utiliser judicieusement ce mécanisme. Ils attribuent leur échec à des facteurs qu’ils peuvent contrôler, tels que leur technique ou leur préparation, plutôt qu’à des éléments extérieurs comme la qualité de l’eau ou le vent. De même, dans un contexte professionnel, si un commercial attribue constamment ses échecs à des facteurs externes comme la qualité du produit ou l’attitude du client, il se prive de l’opportunité de progresser personnellement.

Dotez vos collaborateurs de techniques pour composer avec les imprévus et transformer leurs émotions négatives en émotions positives

Adoptez la méthode Whoop pour surmonter les obstacles

Parmi les divers outils et techniques qu’il emploie lors d’ateliers de groupe ou de séances de coaching individuel, Nicolas Dugay fait l’éloge de la méthode WHOOP développée par Gabriele Oettingen. Il explique que cette méthode est efficace pour identifier les obstacles et propose des exercices pratiques pour les surmonter. Cette technique de planification et de motivation personnelle consiste à :

  • “wish” (souhait) : définir clairement un souhait ou un objectif désiré,
  • “outcome” (résultat) : visualiser le meilleur résultat possible de la réalisation de ce souhait,
  • “obstacle” : réfléchir aux obstacles internes qui pourraient empêcher d’atteindre cet objectif,
  • “plan” : élaborer un plan d’action pour surmonter ces obstacles.

Exemple : Une équipe de projet utilise la méthode WOOP pour le lancement d’un produit. L’objectif : améliorer la gestion des imprévus et la communication sous pression. Le souhait est de réussir le projet en maintenant une communication efficace et en résolvant rapidement les problèmes, même sous tension. L’obstacle identifié est la communication dans un environnement bruyant ou stressant. Pour y faire face, l’équipe s’entraîne dans des conditions similaires, ce qui renforce sa capacité à rester concentrée et performante malgré les perturbations.

Apprenez à maîtriser l’ancrage pour faire appel aux émotions positives souhaitées

« Nous utilisons un protocole qui favorise un état émotionnel positif grâce à la relaxation et la visualisation d’expériences plaisantes, renforcées par un geste spécifique pour ancrer ces sensations », précise l’expert. Avant de se lancer dans des négociations délicates ou une prise de parole en public, un geste simple tel que presser le pouce et l’index, tout en évoquant un souvenir positif, peut instaurer une attitude calme et assurée. L’association de la visualisation avec un geste physique déclenche l’état mental optimal pour les moments souhaités.

Exemple : Amélie, une responsable commerciale, se prépare pour un appel d’offres décisif. Sentant la pression, elle applique un protocole d’ancrage. Dans son bureau, elle se détend, respire profondément, et visualise un succès commercial passé. En associant ce souvenir à un geste d’ancrage – presser son pouce et index – elle renforce sa confiance. Avant sa présentation, elle répète ce geste, déclenchant ainsi l’état d’esprit souhaité, qui l’aide à gérer son anxiété et à aborder l’appel d’offres avec assurance.

Proposez une initiation à vos équipes pour expérimenter la préparation mentale

Selon Nicolas Dugay, le volontariat est un bon moyen de permettre aux collaborateurs qui le souhaitent de tester la méthode de préparation mentale. L’expert suggère aux DRH et RRH de proposer une séance de découverte d’une heure et de laisser les collaborateurs décider s’ils souhaitent poursuivre ou non leur apprentissage dans ce domaine.
La préparation mentale se révèle être un outil précieux, non seulement pour optimiser la performance, mais également pour préserver le bien-être dans un environnement professionnel en constante évolution et incertain. Toutefois, il est préférable d’éviter un optimisme irréaliste, en privilégiant plutôt un équilibre entre positivité et pragmatisme, une approche que l’on pourrait nommer ”opti-réaliste”.
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