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Les 3 nouveaux modes de travail auxquels les entreprises doivent s’adapter

Temps de lecture : 5 minutes

L’année dernière, votre stagiaire Bastien – ce précurseur – refusait votre offre d’embauche en annonçant qu’il voulait « travailler en remote » et suivre un de ces nouveaux modes de travail. Pauvre enfant, pensez-vous. Il va vite se lasser de travailler seul chez lui.

Et pourtant, fin d’année 2019, début 2020… Grèves puis Covid-19 obligent, la majorité des collaborateurs sont contraints de faire du télétravail.

Certains détestent l’expérience (quel soulagement de retrouver ses collègues après plusieurs jours d’isolement). D’autres se découvrent de nouvelles ressources, notamment une productivité décuplée dans un espace de travail silencieux et des horaires respectant leur rythme biologique. À tel point qu’ils souhaitent reconduire l’expérience plus souvent… 

Bastien et ses buzzwords (« future of work », « remote »…) avait-il une longueur d’avance ? Toutes les entreprises devront-elles, un jour ou l’autre, s’adapter aux nouveaux modes de travail ?

Difficile de rester insensible à leurs promesses : 

  • Passer du paradigme « rester au bureau plus longtemps pour accomplir davantage » à « travailler plus efficacement pour accomplir davantage… et finir sa journée plus tôt »
  • Bénéficier d’une forme de liberté et d’autonomie, tant sur le plan spatial que temporel
  • Des employeurs qui accordent confiance et responsabilités aux employés

Voici les trois modes de travail qui vont bousculer vos habitudes, ainsi que leurs conséquences pour l’entreprise.

1# Le télétravail

Le télétravail est probablement le mode de travail le moins novateur, étant déjà bien établi, même si sa pratique reste occasionnelle et circonstancielle.

Probablement l’innovation organisationnelle la moins novatrice. Le télétravail est déjà bien établi, même si sa pratique reste occasionnelle et circonstancielle. 

Nous observons trois types de télétravail :

  • Le télétravail ponctuel. Celui que l’on tolère dans des circonstances exceptionnelles (grèves, routes enneigées…). Un employé sur deux a déjà bénéficié de cette forme de télétravail. (1)
  • Le télétravail fréquent. Pratiqué par 3 employés sur 10, il consiste en une ou plusieurs journées dédiées au télétravail – même quand les trains circulent correctement. (1) De plus en plus de salariés le réclament : près de 9 personnes sur 10 désirent en bénéficier une journée et demi par semaine ! (2)
  • Le remote et le nomadisme. Pour les extrémistes du télétravail, ceux qui ne se satisfont pas d’une journée en home-office et désirent travailler en mobilité.

Pourquoi les salariés ressentent-ils un besoin croissant de travailler de chez eux ?

La pratique du télétravail fréquent renforce le bien-être au travail sur plusieurs aspects :

  • Un meilleur équilibre vie privée/vie professionnelle. Moins de temps perdu dans les transports, davantage de flexibilité pour aller récupérer les enfants à l’école ou pour effectuer un déplacement, aussi bien personnel que professionnel.
  • Un environnement de travail propice à l’efficacité. Il est parfois salvateur de s’isoler de l’open-space pour terminer un dossier urgent. 
  • Le respect de valeurs, notamment le désir d‘un quotidien plus écologique. Saviez-vous que les économies en CO2 d’un télétravailleur moyen reviennent à planter 144 arbres par an ? Alors laissons la voiture au garage quelques jours par semaine. (3)

Cependant, pour se faire dans de bonnes conditions, la pratique du télétravail doit être encadrée.

2# Le freelancing

Le statut de freelance est un mode de travail qui s’affirme en parallèle du salariat.

Si Bastien le stagiaire ne trouve pas de CDI en remote, il se tournera probablement vers le freelancing.

Le statut d’indépendant est un mode de travail qui s’affirme en parallèle du salariat. De plus en plus de talents s’affranchissent des contrats de travail classiques et se positionnent non plus comme des employés, mais comme des prestataires externes.

Côté entreprise, il s’agit d’une tendance à prendre très au sérieux : le nombre d’indépendants croît d’année en année. Aux Etats-Unis, il y a même davantage de freelances que de salariés en CDI. (5)

Qu’est-ce qui change pour vous ?
D’abord, une mauvaise nouvelle. 

La carotte du CDI et de la sécurité de l’emploi ne suffisent plus à dénicher, attirer et fidéliser les talents. 

L’attrait du freelancing est tel que, si les entreprises ne parviennent pas à satisfaire les nouvelles attentes de leurs collaborateurs, elles risquent d’assister à l’exode de leurs talents. Ils sont de plus en plus nombreux à renoncer au salariat pour les promesses de liberté du mode de vie freelance ! Les jeunes talents ne sont pas en reste, certains ne passant jamais par la case CDI.

La bonne nouvelle ? 

Votre entreprise bénéficie de ressources humaines supplémentaires et d’une flexibilité accrue. Vous avez besoin de renforcer une équipe en cette période de rush ? Vous voulez externaliser une tâche chronophage au lieu de mobiliser un employé une semaine entière ? Les freelances sont là pour vous.

Pour tirer pleinement profit du freelancing, n’oubliez pas d’adapter vos efforts de recrutement. Nouer des relations sur le long terme avec vos meilleurs freelances nécessite un minimum d’organisation – de la même façon que vos commerciaux entretiennent la flamme avec vos partenaires. D’où la naissance d’une nouvelle fonction : le « Chief Freelance Officer », chargé d’identifier les talents indépendants, de piloter leurs missions et de les « fidéliser » en dehors des contrats de travail de type CDD ou CDI. (6)

3# Le flexi-travail

Le flexi-travail est un mode d’organisation qui consiste à aménager les conditions de travail afin de favoriser la flexibilité.

Et s’il existait un moyen de retenir Bastien dans votre équipe, tout en lui permettant de choisir les lieux et les horaires de travail qui lui conviennent le mieux ?

La solution se nomme flexi-travail : le mode d’organisation qui consiste à aménager les conditions de travail afin de favoriser la flexibilité. 

Petite histoire du flex-office :
À l’origine, le flex-office consiste à supprimer la notion de poste de travail dédié. Le salarié pose son ordinateur où bon lui semble. L’objectif ? Aplanir la hiérarchie en supprimant les signes ostentatoires de rang, comme la taille des bureaux. Peut-être aussi que les managers en avaient marre d’être enfermés seuls dans leur coin. 

Voici où en sont les entreprises aujourd’hui : (2)

✅ Libre gestion des horaires de travail : 80% de satisfaction des employés. Un bon score.

  1. L’équilibre entre vie privée et vie professionnelle progresse 
  2. L’adoption du télétravail y contribue largement

❌ Libre gestion des espaces de travail : 40% de satisfaction. Encore des progrès à faire…

  1. Peu d’employés ont la liberté de choisir leur bureau (et encore moins d’en changer)
  2. La pratique du télétravail est la plupart du temps restreinte au home-office
  3. Dans les locaux de l’entreprise, le choix est (très) limité

Open space ou bureau individuel, on demande rarement l’avis des équipes… et on n’adapte jamais l’espace de travail à la tâche à réaliser.

Ajoutez donc une bonne dose de flexibilité pour réussir votre recette bien-être et performance.

Conclusion : ce qui change pour votre entreprise

S’il y a une leçon à retenir de l’émergence des nouveaux modes de travail, c’est bien celle-ci : le bien-être n’a jamais été aussi important.

L’entreprise a toute les clés en main pour répondre au désir de flexibilité et retenir les talents – outre la mise en place du flexi-travail.

Clé 1 : Capitaliser sur ce qui fait la force du salariat. 

Contribuer à un projet plus grand que soi, faire partie d’une équipe, partager une vision commune, bénéficier des feedbacks et du mentoring de ses managers… Autant d’interactions nécessaires à l’épanouissement professionnel et difficiles d’accès avec le télétravail, le nomadisme ou le freelancing.

Clé 2 : Répondre aux problèmes inhérents aux nouveaux modes de travail. 

Au cours de sa carrière, un entrepreneur sur deux développera un trouble psychique comme le burn-out ou la dépression.  Manque de reconnaissance, de sens ou d’interactions sociales, de nouvelles formes de mal-être émergent avec l’avènement du freelancing et du travail en remote… Mal-être auquel le salariat classique sait faire face.

Et si vous entriez dans le future of work dès aujourd’hui ?

  1. Engagez la conversation avec vos collaborateurs. Quels sont leurs attentes vis-à-vis des nouveaux modes de travail ?
  2. Transmettez cet article à vos managers. Ils sont les acteurs clés de la transition vers de nouveaux modes de travail.
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