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Congés et absences

Les congés illimités, c’est du flan

Temps de lecture : 2 minutes

Prenez autant de congés que vous voulez, quand vous le souhaitez. C’est la promesse des congés illimités. Apparus aux Etats-Unis chez Virgin, Netflix ou encore General Electric, ce dispositif est une révolution dans un pays qui ne prévoit pas de congés payés pour les salariés. Rares sont les entreprises françaises qui ont tenté l’expérience et à raison. Voici pourquoi.

Sommaire de l'article

Les risques juridiques des congés payés illimités

Le Code du Travail impose aux employeurs de faire bénéficier leurs salariés de 5 semaines de congés payés par année travaillée. A cela s’ajoutent les RTT pour les salariés réalisant plus de 35 heures par semaine, les congés spéciaux (congé parental, décès, sabbatique…) ou encore les congés autorisés par le droit local ou des conventions collectives et accords de branche. Pour mettre en place les congés illimités dans une entreprise française, il faut donc offrir des jours d’absences supplémentaires aux congés prévus par la loi.

Cette pratique est autorisée. Elle doit néanmoins concerner l’ensemble des collaborateurs ou une catégorie déterminée d’entre eux pour respecter le devoir d’égalité de traitement et de rémunération entre les salariés. A défaut, un salarié serait en droit, en cas de conflit prudhommal de jouer l’argument de discrimination. 

Les limites organisationnelles d’une politique de congés illimités

Les congés illimités sont principalement mis en place dans des petites structures qui présentent peu de niveaux hiérarchiques et qui vantent leur esprit “start-up”. Cette politique concerne des métiers qui ne nécessitent pas un temps de présence continu, indispensable à l’activité de l’entreprise (site de production par exemple).

Des congés illimités soumis à conditions

La prise des congés illimités ne peut être totalement libre pour ne pas entraver le bon fonctionnement de l’entreprise.

Les entreprises comme Yes We Dev, Indeed ou encore PopChef ont par ailleurs mis en place des conditions d’accès pour bénéficier de congés au delà du seuil légal :

  • les objectifs individuels doivent être atteints à 100%,
  • le reste de l’équipe doit donner son accord pour des congés longs,
  • le salarié doit avoir au moins 2 ans d’ancienneté,
  • le nombre de jours de congés supplémentaires est limité,
  • le salarié doit respecter un délai de prévenance,
  • etc.

Les dérives des congés illimités

Les adeptes des congés illimités vantent les atouts de cette pratique pour la Qualité de Vie au Travail et la marque employeur. Une telle politique est en effet populaire chez les salariés qui y voient une marque de confiance de la part de leur employeur et un moyen d’obtenir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Ce que l’on sait moins, c’est que les congés illimités peuvent aussi augmenter le risque de troubles psycho-sociaux chez les salariés : 

  • diminution de la cohésion d’équipe due à des absences trop fréquentes, 
  • course à la performance pour atteindre ses objectifs individuels au plus vite au détriment des temps de repos légaux,
  • fixation d’objectifs inatteignables provoquant des situations de surmenage ou burn out,
  • etc.

Une politique de congés payés illimités est ainsi à double tranchant. Derrière le coup marketing, les réalités rendent ce type de dispositif complexe à maîtriser.    

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